• Annelise Stern

Créer un pont entre les artistes françaises et allemandes

Dernière mise à jour : sept. 9

De l'autre côté du Rhin


Depuis le début de l'aventure de Art Girls, j'ai un rêve, dans un coin de ma tête : passer de l'autre côté du Rhin. Alors que d'autres rêvent sans doute d'ouvrir une antenne de leur galerie à New York ou à Londres, moi c'est à Berlin que mon cœur m'entraine. Pourquoi l'Allemagne ? Certainement parce que je dois beaucoup à ce pays. A 11 ans, j'ai intégré le collège et lycée franco-allemand de Buc. J'ai passé 5 ans dans cet environnement à la fois bilingue et biculturel. Tout y était franco-allemand. Des discussions dans la cour de l'école, qui commençaient dans une langue, et se terminaient dans l'autre, aux mots adressés à nos parents, en passant par nos cours, mais aussi par la façon dont les matières nous étaient enseignées. J'y ai appris une langue, une culture, mais aussi un ensemble de valeur. Et plus important que tout, j'y ai découvert l'amitié franco-allemande.


Aujourd'hui, c'est en Allemagne que j'ai repris des études en histoire de l'art, en allemand bien sur. Un défi qui s'est avéré compliqué au début. Réapprendre à parler allemand 4 ans après. Se replonger dans une langue dont je n'avais plus l'utilité. Honnêtement, les premiers mois, j'ai eu peur de ne pas y arriver. De ne pas en être capable, au point de ne même pas en parler à mon entourage. Il faut dire que le pari était risqué : reprendre des études, dans une langue étrangère que je n'avais pas pratiqué depuis des années, dans une discipline qui n'était pas ma discipline principale, le tout en maintenant une activité entrepreneuriale et en payant chaque mois des frais de scolarité bien plus élevés qu'en France. Aujourd'hui, ça va. Mon allemand n'est plus celui d'antan, mais je suis fière de clôturer cette première année de master. C'est certainement parce que la culture allemande m'a autant apporté, que je souhaite en présenter un pan en France. Car je suis certaine qu'elle apportera beaucoup à d'autres.


Les artistes femmes franco-allemandes : une niche inexploitée


Aller chercher la niche dans la niche, c'est un peu ma spécialité. Des artistes contemporains, je suis passée aux artistes femmes. Aujourd'hui, j'y ajoute la contrainte d'une nationalité ou d'une culture franco-allemande. Mais en réalité, contrairement à ce que l'on pourrait penser, je ne me complique pas la tâche. Art Girls Galerie, n'est finalement que mon reflet. Au business plan, j'ai préféré l'instinct. A la tendance, je préfère l'authenticité : la mienne. Rester aligné avec ses valeurs quand on monte un business, c'est important. Notamment quand on le monte seul, en fonds propres, sans aide extérieur. Car il faut une bonne dose de motivation pour seul, tous les matins, continuer d'avancer jour après jour sur son projet.

Art Girls Galerie est le premier projet que je monte entièrement seule de A à Z. Certainement pas le dernier, mais ce petit pas entrepreneurial a une saveur particulière pour moi : celui du début d'une aventure. C'est un laboratoire d'expérimentation. J'y teste tout ce qu'il est possible d'y tester. J'y ajoute tout ce que j'aime. Tout ce qui me tient à cœur. Si certains parlent de "niche" ou de spécialisation", moi j'y vois un pont. Un pont entre tout ce que j'aime, tout ce qui me tient à coeur, et d'une certaine façon : tout ce qui me définit. L'art contemporain, le féminisme et le franco-allemand, c'est un bon début non ? Volontairement, je n'ai jamais traduit le site de la galerie en anglais. Je perds certainement des clients en agissant ainsi. Mais qu'importe. Rester focus, c'est important. La France et l'Allemagne. Paris aujourd'hui, Berlin demain. Le reste, nous verrons peut-être un jour, après. Le reste, ce sera un nouveau projet.


Une plateforme franco-allemande


Devenir un espace de réflexion franco-allemand dans l'art contemporain, voilà un projet ambitieux qui me motive. Ambitieux, parce que ce projet va me demander de travailler deux fois plus. Plus question désormais de ne rédiger mes posts ou mes articles qu'en français. Plus question non plus de ne présenter des lives ou des vidéos qu'en français. Plus question de ne m'adresser qu'à des artistes, des clients ou des confrères français et françaises. De n'organiser des expositions qu'en France. De ne présenter un travail de médiation lors des expositions qu'en français... Tout, doit être pensé dans une optique franco-allemande. Avoir pour ambition de monter une plateforme franco-allemande dans le monde de l'art contemporain, ce n'est pas se contenter de présenter des artistes française et allemande. C'est créer une véritable connexion entre ces deux cultures. Mettre tout ça en place prendra du temps. Alors je vais y aller petit à petit, mais je prendrai le temps nécessaire.


De l'Allemagne, je veux importer des artistes, mais aussi des techniques d'exposition, une langue, une façon de travailler, des réflexions, des préoccupations, et un ensemble de valeur. Le terme de passerelle est certainement celui qui sied le mieux à ce projet. Car c'est la connexion que je cherche. La connexion entre les artistes, entre les femmes, les cultures, les points de vue, mais aussi entre le public et cette nouvelle proposition. Connecter pour ajouter de la valeur. Connecter pour s'enrichir. Connecter pour créer une nouvelle vision et de nouvelles réflexions, nourries par ces deux cultures.

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