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Texte de présentation de l'artiste Maria Pleshkova

Annelise Stern | Décembre 2022

 Seule à en rêver 

Maria Pleshkova (née en 1986) présente toutes les caractéristiques de ce que je recherche chez une artiste. Je me souviens d’un panel dans un événement Photo & NFTs en France : presque que des hommes. La plupart d’entre eux partaient au bout du monde pour en retirer des clichés dans les plus beaux espaces que notre planète abrite. Difficile de faire une mauvaise photo tant les paysages sont sublimes. Je n’ai jamais eu d’admiration particulière pour ce type de personnes. Non, moi ce qui me fascine ce sont ces artistes qui créent seuls dans leur coin. Ce sont ces artistes qui créent de la magie à partir de notre quotidien à tous.

J’aime la profondeur. J’aime qu’on creuse un sujet jusqu’aux tripes. Qu’on extraie mille interprétations d’une même situation. Qu’on créé à partir d’une seule idée 1000 idées différentes. 1000 versions. J’aime la sincérité. La sincérité d’une artiste envers son public. Et sa propre sincérité en tant qu’artiste envers elle-même. C’est ce que fait Maria Pleshkova. Artiste russe pluridisciplinaire, elle explore les limites de l'autoportrait par le biais de la photographie, du collage numérique et de la vidéo. Son travail pourrait être résumé en un seul mot : solitude. De cette unique idée, Maria Pleshkova tire une palette d’émotions. À chaque image, elle se dévoile un peu plus au spectateur. Chacun de ses autoportraits est une confession. Chacun de ses autoportraits invite un peu plus le spectateur à repenser sa propre approche de la solitude.

La solitude rend créatif. C’est cet état qui nous entraine vers de douces rêveries. Des contes enchantés. La solitude parfois prend des formes cruelles. La solitude ce sont les larmes. Les insomnies. On aimerait la faire disparaitre. Alors on se prend à imaginer son âme sœur. On part à la recherche de cette autre moitié qui nous complèterait. Ce double qui chasserait définitivement la solitude. La solitude c’est ce qu’il y a de pire au plus profond de nous. Ce qui nous fait peur. Ou peut-être que c’est nous qui nous faisons peur lorsque nous sommes seuls. Le travail de Maria Pleshkova est une invitation à se regarder en face. Car finalement, quand on fait abstraction de tout ce qui nous entoure, quand on se retrouve seul face à soi-même, qu’est-ce qu’il reste ?

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